L’URSS est dissoute en 1991. La date de référence est le 26 décembre, quand le Soviet des Républiques constate officiellement la disparition de l’Union soviétique. La veille, Mikhaïl Gorbatchev avait quitté la présidence. Les accords de décembre avaient déjà rendu l’Union politiquement inopérante.
Plusieurs dates peuvent donc apparaître dans les réponses historiques : 8, 21, 25 ou 26 décembre. Elles correspondent à des étapes différentes. Pour une question demandant l’année, 1991 est sans ambiguïté.
La disparition de l’URSS clôt un État créé en 1922 et bouleverse l’ordre international issu de l’après-guerre. Pour replacer ce basculement dans sa séquence européenne, la chute du mur de Berlin en 1989 constitue le repère le plus proche.
Quelle est la date exacte de la dissolution de l’URSS ?
Le 26 décembre est la date juridique de référence
Le repère le plus précis est le 26 décembre 1991. Ce jour-là, le Soviet des Républiques du Soviet suprême adopte la déclaration n° 142-N. Le texte constate que l’Union soviétique cesse d’exister comme État et sujet de droit international.
D’après AFP Factuel, la déclaration n° 142 constate juridiquement la fin de l’URSS après les décisions prises par les républiques en décembre. Cette précision distingue l’acte final des accords politiques qui l’ont précédé.
Pourquoi trouve-t-on aussi les 8, 21 et 25 décembre ?
Le 8 décembre, la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie signent les accords de Belovej. Ils annoncent la création de la Communauté des États indépendants, la CEI.
Le 21 décembre, onze républiques se retrouvent à Alma-Ata, aujourd’hui Almaty. Elles confirment la nouvelle organisation et actent politiquement la fin de l’Union.
Le 25 décembre, Gorbatchev annonce sa démission de la présidence soviétique. Le drapeau rouge est ensuite abaissé au Kremlin. Le 26 décembre correspond à l’étape institutionnelle finale.
Les sources ne datent pas toutes le même acte. Un rapport du Sénat français retient le 31 décembre comme date de cessation juridique. AFP Factuel, s’appuyant sur des juristes, retient la déclaration n° 142-N du 26 décembre comme validation juridique. Cette fiche utilise donc le 26 décembre comme date institutionnelle de référence et signale le 31 comme datation alternative.
Pourquoi l’URSS disparaît-elle en 1991 ?
Les réformes de Gorbatchev affaiblissent le contrôle central
Mikhaïl Gorbatchev arrive à la tête du Parti communiste en 1985. La perestroïka cherche à restructurer une économie peu dynamique. La glasnost élargit l’espace du débat public et réduit la censure.
Ces réformes ne visaient pas à supprimer l’Union. Gorbatchev cherchait au contraire à la préserver sous une forme rénovée. Leur effet politique dépasse toutefois le cadre prévu. Les critiques du système deviennent publiques et les parlements républicains revendiquent davantage de souveraineté.
L’économie soviétique traverse aussi une crise profonde. Les pénuries, les déséquilibres budgétaires et les difficultés de la transition vers des mécanismes de marché accentuent la perte de confiance dans le centre.
Les républiques revendiquent leur souveraineté
Les tensions nationales ne naissent pas en 1991. Elles s’intensifient à la fin des années 1980, notamment dans les pays baltes, le Caucase et plusieurs républiques européennes.
La Lituanie proclame le rétablissement de son indépendance en mars 1990. La Géorgie déclare son indépendance en avril 1991. Après l’été, les proclamations se multiplient encore plus rapidement.
L’Ukraine adopte son acte d’indépendance le 24 août. La décision est ensuite soumise au vote populaire. Ce processus prive progressivement les institutions soviétiques de leur base territoriale et politique.
Le putsch d’août accélère l’effondrement
Du 19 au 21 août 1991, des responsables conservateurs tentent de renverser Gorbatchev. Celui-ci est isolé dans sa résidence de Foros, en Crimée. Les putschistes annoncent un état d’urgence.
Boris Eltsine, président de la République russe, devient la figure centrale de la résistance à Moscou. L’échec du coup affaiblit brutalement Gorbatchev et renforce les pouvoirs républicains.
Le CVCE de l’Université du Luxembourg décrit ce putsch comme un basculement décisif. Après son échec, les demandes d’indépendance deviennent beaucoup plus difficiles à contenir.
Le référendum de mars pouvait-il sauver l’Union soviétique ?
Une majorité vote pour une fédération renouvelée
Le 17 mars 1991, un référendum est organisé sur le maintien d’une Union rénovée de républiques souveraines et égales. Il ne porte donc pas sur le simple maintien du système soviétique inchangé.
Selon une étude juridique publiée dans la Zeitschrift für ausländisches öffentliches Recht und Völkerrecht, 148 574 606 électeurs participent au scrutin. Parmi les participants, 77,85 % répondent favorablement.
Le résultat doit être interprété avec prudence. Seules neuf des quinze républiques participent officiellement au référendum. Les trois États baltes, l’Arménie, la Géorgie et la Moldavie font partie des six absentes.
Le vote ne règle pas la forme de l’État
Une majorité favorable à une Union renouvelée n’équivaut pas à un mandat pour conserver les institutions existantes. Le mot important est « renouvelée ». Le projet supposait une redistribution profonde des pouvoirs.
Gorbatchev prépare un nouveau traité d’Union. Le putsch d’août survient juste avant une étape importante de ce projet. L’échec du coup modifie ensuite le rapport de force.
En quelques mois, la question change. Il ne s’agit plus seulement de réformer l’Union, mais de savoir quelles républiques acceptent encore d’en faire partie.
Pourquoi le référendum ukrainien change-t-il la situation ?
Le vote du 1er décembre donne une légitimité massive à l’indépendance
Le 1er décembre 1991, l’Ukraine soumet son indépendance à référendum. La participation atteint 84,18 % des électeurs inscrits.
Selon l’administration régionale de Donetsk, qui reprend les résultats officiels, 90,32 % des votants approuvent l’indépendance. Cela représente 28 804 071 voix favorables.
Le oui est majoritaire dans toutes les unités administratives concernées, y compris en Crimée, à Donetsk et à Louhansk. La portée politique du vote dépasse donc les seules régions occidentales de l’Ukraine.
La perte de l’Ukraine rend un maintien réaliste de l’Union extrêmement difficile. La république représente un territoire, une population, une industrie et un appareil politique indispensables à toute fédération soviétique durable.
La décision ukrainienne mène directement aux accords de Belovej
Une semaine après le référendum, Boris Eltsine, Leonid Kravtchouk et Stanislav Chouchkevitch se réunissent en Biélorussie. Ils représentent respectivement la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie.
Leur accord affirme que l’URSS cesse d’exister comme sujet de droit international et réalité géopolitique. Les trois dirigeants créent parallèlement la CEI.
La formule est politique autant que juridique. Elle ne suffit pas, à elle seule, à régler toutes les questions institutionnelles de l’Union. Les actes suivants donnent au processus une portée beaucoup plus large.
Que décident Belovej et Alma-Ata ?
Belovej crée la Communauté des États indépendants
Les accords signés le 8 décembre établissent une structure de coopération entre États souverains. La CEI n’est pas conçue comme une nouvelle Union soviétique.
Les trois signataires représentent trois des quatre entités fondatrices de l’URSS en 1922. Leur décision touche donc directement le pacte politique à l’origine de l’Union.
La création de l’Union soviétique remontait au 30 décembre 1922. Elle réunissait alors la Russie soviétique, l’Ukraine, la Biélorussie et la fédération transcaucasienne. Cette naissance suit la révolution russe de 1917 et la guerre civile.
Alma-Ata élargit le processus à onze républiques
Le 21 décembre, huit autres républiques rejoignent les trois fondatrices de la CEI. L’ensemble réunit alors onze anciennes républiques soviétiques.
Les trois États baltes ne participent pas, car ils considèrent leur indépendance comme une restauration de souveraineté. La Géorgie reste également à l’écart à ce moment précis.
Le texte d’Alma-Ata confirme que la CEI rassemble des États indépendants. Il organise aussi des questions sensibles, notamment le commandement militaire et le contrôle des armes nucléaires.
Le protocole d’Alma-Ata conservé par le CVCE ajoute huit républiques aux trois fondatrices. Onze États participent ainsi au cadre politique de la CEI à cette date.
La dissolution n’est donc pas un acte unique
Réduire la fin de l’URSS à une seule signature masque la mécanique réelle. Le processus combine des référendums, des déclarations d’indépendance, des accords interétatiques et des décisions des institutions soviétiques.
Le 8 décembre marque l’accord initial entre trois républiques. Le 21 élargit le consensus. Le 25 met fin à la présidence de Gorbatchev. Le 26 clôt juridiquement l’État soviétique.
Cette succession explique pourquoi des sources sérieuses utilisent des dates différentes selon l’objet étudié. Pour une date de référence générale, le 26 décembre reste la formulation la plus rigoureuse.
Que se passe-t-il lors des deux derniers jours de l’URSS ?
Gorbatchev démissionne et le drapeau soviétique est abaissé
Le 25 décembre, Gorbatchev s’adresse une dernière fois aux citoyens comme président de l’URSS. Il annonce qu’il cesse d’exercer ses fonctions en raison de la création de la CEI.
Son discours ne présente pas la dissolution comme son objectif. Il rappelle au contraire avoir défendu la souveraineté des républiques tout en souhaitant préserver un État d’union.
Le texte intégral conservé par World History Commons montre cette position clairement. Gorbatchev juge que des décisions de cette ampleur auraient dû reposer sur une expression populaire de la volonté.
Le même soir, le drapeau soviétique est abaissé au Kremlin et remplacé par le drapeau russe. Ce geste est le symbole le plus visible de la transition, mais pas son acte juridique final.
Le lendemain, la déclaration 142-N clôt l’existence de l’Union
Le Soviet des Républiques se réunit le 26 décembre. Sa déclaration constate la disparition de l’URSS à la suite de la création de la Communauté des États indépendants.
Le choix du verbe « constate » est important. Les institutions soviétiques prennent acte d’un processus déjà engagé par les républiques et par les accords de décembre.
L’URSS aura donc existé presque 69 ans, du 30 décembre 1922 au 26 décembre 1991. La réponse courte reste 1991, mais cette chronologie explique pourquoi une date précise mérite d’être ajoutée.
Que deviennent les quinze républiques soviétiques ?
Quinze États issus de l’espace soviétique deviennent souverains
À la fin de l’Union, celle-ci compte quinze républiques fédérées. Elles correspondent aux quinze États post-soviétiques généralement retenus dans les cartes historiques.
Il s’agit de la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
S’y ajoutent le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan. Le Kazakhstan est la dernière république soviétique à proclamer formellement son indépendance, le 16 décembre.
Les trajectoires ne sont pourtant pas identiques. Les États baltes insistent sur la restauration d’indépendances supprimées par l’annexion soviétique, et non sur une création d’États entièrement nouveaux.
La Russie continue le siège soviétique à l’ONU
La succession internationale ne se traduit pas par une nouvelle admission de la Russie aux Nations unies. Boris Eltsine informe le secrétaire général que la Fédération de Russie continue l’appartenance de l’URSS à l’organisation.
Le 24 décembre, cette continuité est notifiée avec le soutien des onze pays de la CEI. La Russie conserve notamment le siège permanent soviétique au Conseil de sécurité.
La page officielle des Nations unies consacrée à la Fédération de Russie confirme cette continuité. Ce transfert s’inscrit dans le fonctionnement du siège de l’ONU à New York et de l’ordre international d’après-guerre.
Une nuance compte : l’Ukraine et la Biélorussie disposaient déjà de sièges séparés à l’ONU depuis 1945. Elles n’entrent donc pas dans la même logique de succession que les autres anciennes républiques.
Le contrôle nucléaire impose une transition coordonnée
La disparition d’une superpuissance nucléaire pose immédiatement la question du commandement. Des armes stratégiques se trouvent alors en Russie, en Ukraine, en Biélorussie et au Kazakhstan.
Le 25 décembre, Gorbatchev indique à George H. W. Bush que l’autorité liée aux armes nucléaires sera transférée à Boris Eltsine. Les accords entre nouveaux États organisent ensuite une transition plus large.
Ce dossier explique la prudence des gouvernements étrangers. La priorité n’est pas seulement la reconnaissance diplomatique, mais aussi la continuité d’un contrôle fiable sur l’arsenal soviétique.
Que signifie 1991 dans l’histoire de la guerre froide ?
La dissolution ferme l’ordre bipolaire issu de 1945
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, les États-Unis et l’Union soviétique structurent un système international bipolaire. Leur rivalité domine plusieurs décennies.
La fin de la guerre froide ne possède pas une date universellement admise. La chute du mur de Berlin, la réunification allemande et l’effondrement des régimes communistes constituent d’autres repères.
La disparition de l’URSS reste toutefois le point institutionnel le plus net. L’un des deux États autour desquels le système bipolaire s’était organisé cesse d’exister.
La fin de l’Union n’est pas synonyme d’une disparition sans violence
La dissolution institutionnelle de décembre ne déclenche pas une guerre civile générale entre le centre soviétique et les républiques. La nuance reste essentielle.
La désagrégation de l’espace soviétique s’accompagne déjà de violences. Des affrontements ont lieu dans les pays baltes en janvier 1991, tandis que plusieurs conflits territoriaux sont ouverts dans le Caucase.
Après l’effondrement, les guerres en Géorgie, au Haut-Karabakh, en Transnistrie et au Tadjikistan montrent que la transition post-soviétique n’est pas globalement pacifique. Dire que l’URSS disparaît « sans effusion de sang » serait donc trompeur.
Le cadre européen se transforme encore après décembre
La fin de l’Union ouvre une phase de recomposition diplomatique, économique et sécuritaire. Les nouveaux États doivent construire leurs institutions, leurs monnaies et leurs relations extérieures.
En Europe occidentale, l’intégration communautaire franchit simultanément une nouvelle étape. Le traité signé à Maastricht en 1992 appartient au même moment historique, sans être une conséquence directe de la dissolution soviétique.
Questions fréquentes sur la dissolution de l’URSS
Pourquoi 1991 plutôt que 1990 ?
En 1990, plusieurs républiques proclament leur souveraineté ou leur indépendance, mais l’Union soviétique conserve encore ses institutions centrales. La Russie soviétique adopte notamment une déclaration de souveraineté le 12 juin. L’année 1991 correspond au basculement final : indépendances confirmées, création de la CEI, départ de Gorbatchev et disparition institutionnelle de l’Union.
Que signifie exactement la dissolution de l’URSS ?
Le terme désigne la fin de l’Union soviétique comme État fédéral et sujet de droit international. Il ne signifie pas que ses territoires, ses populations ou toutes ses institutions disparaissent. Les quinze républiques poursuivent leur existence sous forme d’États souverains, tandis que certains droits et obligations internationaux soviétiques sont continués par la Fédération de Russie.
La Russie a-t-elle ratifié les accords de Belovej ?
Oui. Le Parlement russe ratifie l’accord le 12 décembre 1991. Les parlements ukrainien et biélorusse l’avaient ratifié le 10 décembre. La procédure reste discutée au regard de certaines règles du droit soviétique interne. Ces votes montrent toutefois que l’accord dépasse la simple déclaration des trois dirigeants.
L’URSS existe-t-elle encore légalement aujourd’hui ?
Non. Cette affirmation circule périodiquement, mais elle ne correspond ni à la pratique internationale ni à l’existence effective des États successeurs. Des juristes interrogés par l’AFP en 2025 ont rappelé les débats sur la procédure interne. Ils concluent néanmoins que l’Union soviétique a cessé d’exister comme État et sujet de droit international.
Gorbatchev est-il le seul président de l’URSS ?
Oui. La fonction de président de l’Union soviétique n’est créée qu’en mars 1990. Mikhaïl Gorbatchev devient son premier titulaire et reste le seul à exercer cette fonction jusqu’à sa démission de décembre 1991. Les dirigeants soviétiques précédents occupaient d’autres postes institutionnels, notamment celui de secrétaire général du Parti communiste.
La Russie proclame-t-elle son indépendance en 1991 ?
Pas sous la forme d’une proclamation unique comparable à celles de plusieurs autres républiques. La RSFSR adopte une déclaration de souveraineté le 12 juin 1990, tout en restant dans l’URSS. En décembre 1991, les accords de Belovej, leur ratification puis la disparition de l’Union transforment cette souveraineté en réalité étatique pleinement distincte.
Le Parti communiste disparaît-il le 26 décembre ?
Non. La fin de l’État soviétique et celle du pouvoir du Parti communiste suivent deux calendriers différents. Son monopole constitutionnel est supprimé dès mars 1990. Après l’échec du putsch d’août 1991, Gorbatchev quitte la direction du parti. Son appareil central perd l’essentiel de son pouvoir bien avant décembre.
La dissolution met-elle fin au communisme mondial ?
Non. Elle met fin à l’Union soviétique et au système politique qui lui était propre, pas au communisme comme idéologie ni à tous les régimes communistes. Après 1991, des partis communistes restent au pouvoir dans plusieurs États, notamment en Chine, à Cuba et au Vietnam. La portée de l’événement est donc géopolitique avant d’être une disparition universelle du communisme.
1991, la date à retenir sans confondre les étapes
L’année à retenir est 1991. Pour une réponse précise, le 26 décembre est la date de référence de la dissolution officielle. Les 8, 21 et 25 décembre correspondent aux étapes qui rendent cette décision possible et effective.
La séquence révèle surtout une disparition progressive. Les républiques deviennent souveraines, l’Ukraine confirme son indépendance, la CEI est créée, Gorbatchev quitte le pouvoir, puis l’institution soviétique constate la fin de l’État.
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