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Mémoriser la culture générale

Quelle est l'unité SI du temps ?

Sciences · Métrologie

L'unité SI du temps est la seconde, symbole s.

Depuis 1967, elle vaut exactement 9 192 631 770 oscillations de l'atome de césium 133. C'est l'une des sept unités de base du Système international, et celle dont dépendent cinq des six autres.

s
Symbole officiel
1967
Définition atomique
7
Unités de base SI
86 400
Secondes par jour

La seconde n'a plus rien d'astronomique. Elle fut longtemps 1/86 400 du jour solaire, jusqu'à ce que la 13e Conférence générale des poids et mesures l'arrache à la rotation terrestre en octobre 1967. Le motif est concret : la Terre ralentit d'environ 1,7 milliseconde par siècle, un étalon trop mou dès qu'on vise la microseconde.

Un basculement se prépare pourtant. La 28e CGPM, réunie en 2026, doit désigner l'atome qui remplacera le césium par une transition optique, cible fixée à 2030. Après soixante ans de règne, le césium 133 vit ses dernières années comme gardien de la seconde.

Pour situer la seconde parmi ses voisines, la unité SI de masse a suivi le même chemin en 2019, passant d'un objet physique à une constante fixée.

La seconde, unité de base du temps dans le Système international

1 / 7 la seconde parmi les unités de base

Les sept piliers du SI. La seconde tranche : cinq des six autres dépendent d'elle dans leur définition.

s
seconde · temps
m
mètre · longueur
kg
kilogramme · masse
A
ampère · courant
K
kelvin · température
mol
mole · quantité
cd
candela · lumière

La seconde est l'unité de base du temps du Système international d'unités, le SI, adopté en 1960. Elle siège aux côtés du mètre, du kilogramme, de l'ampère, du kelvin, de la mole et de la candela. Sept unités fondamentales, sur lesquelles repose toute la métrologie moderne.

Un symbole invariable, la lettre s minuscule

Le symbole officiel est la lettre s, en minuscule. Il ne prend jamais de point abréviatif, ne se met jamais au pluriel et ne varie pas selon la langue. Écrire "5 s" et non "5 sec" ni "5 secs". Cette rigueur typographique distingue une notation SI d'une abréviation courante.

La grandeur physique associée, le temps, se note t. Une durée de cinq secondes s'écrit t = 5 s. Le SI sépare nettement la grandeur, abstraite, de son unité, concrète.

Pourquoi la seconde tient tout le SI

Son statut de pierre angulaire n'a rien de décoratif. Cinq des six autres unités de base dépendent directement de la seconde dans leur définition. Le mètre se déduit de la vitesse de la lumière, exprimée en mètres par seconde. L'ampère repose sur la charge élémentaire mesurée en coulombs, eux-mêmes définis comme des ampère-secondes.

Retirer la seconde ferait s'effondrer l'édifice. C'est pourquoi sa réalisation concentre les moyens des grands laboratoires nationaux, le LNE-SYRTE à Paris, le NIST aux États-Unis, la PTB en Allemagne. La seconde est l'unité la plus exacte du SI, réalisée aujourd'hui à mieux que 10⁻¹⁶.

La définition officielle de la seconde par le césium 133

Ce que dit l'étalon
9 192 631 770
oscillations du césium 133
=
1 s
une seconde exacte
ΔνCs fixéeDepuis 2019, la fréquence du césium est une constante décrétée, sans incertitude.
Atome au repos, 0 KLa définition suppose un césium 133 non perturbé, sans agitation thermique.
L'étalon primaire

Une horloge à césium ne compte pas les secondes : elle asservit un oscillateur sur la fréquence fixe émise par l'atome. C'est le principe de tous les étalons primaires de temps depuis 1967.

Horloge atomique au césium Hewlett-Packard, étalon primaire de mesure du temps par résonance micro-ondes
Horloge atomique au césium. © Wikimedia Commons · (c) 2005 Zubro · CC BY-SA 3.0

La définition en vigueur tient en deux phrases. La seconde correspond à 9 192 631 770 périodes de la radiation émise lors de la transition entre les deux niveaux hyperfins de l'état fondamental de l'atome de césium 133, au repos et à 0 kelvin.

La seconde, symbole s, est l'unité de temps du SI. Elle est définie en prenant la valeur numérique fixée de la fréquence du césium, ΔνCs, la fréquence de la transition hyperfine de l'état fondamental de l'atome de césium 133 non perturbé, égale à 9 192 631 770 lorsqu'elle est exprimée en Hz.

D'après le Bureau international des poids et mesures, Résolution 1 de la 26e CGPM, la fréquence du césium n'est plus une valeur à mesurer, mais une constante de la nature à valeur fixée par décret.

Ce que signifient 9 192 631 770 oscillations

Le nombre semble arbitraire. Il ne l'est pas. En 1967, les métrologues ont calé l'étalon atomique sur la meilleure valeur astronomique connue, l'année tropique 1900. Le compte de 9 192 631 770 hertz a été choisi pour que la seconde atomique colle à la seconde des éphémérides d'alors. La continuité fut le maître mot, pas la rupture.

Concrètement, l'atome de césium possède deux états d'énergie très proches dans son niveau fondamental. Le passage de l'un à l'autre émet un rayonnement d'une fréquence parfaitement fixe. Compter 9 192 631 770 crêtes de ce rayonnement, c'est mesurer une seconde.

La refonte de 2019 et la logique inversée

Le 20 mai 2019, le SI a changé de philosophie. Plutôt que de définir la seconde par un phénomène observable, le BIPM a fixé la fréquence du césium comme une constante décrétée, exactement 9 192 631 770 Hz, sans incertitude. La définition ne mesure plus, elle pose.

Cette inversion garantit que la seconde ne deviendra jamais obsolète. Même une horloge mille fois plus précise ne remettra pas en cause le nombre : elle réalisera la même définition, plus finement. Le mètre, le kilogramme et l'ampère ont subi la même opération le même jour.

Quatre redéfinitions en presque deux siècles

L'étalon change, l'unité reste
1832
Gauss, 1/86 400 du jour solaire
1956
Année tropique 1900
1967
Césium 133, 13e CGPM
1997
Atome au repos, 0 K
2019
ΔνCs constante fixée
2030
Transition optique, attendue
Chaque révision a répondu à un besoin de précision que l'étalon précédent ne pouvait plus offrir. La durée d'une seconde, elle, n'a jamais changé.

La seconde a changé d'étalon quatre fois depuis Gauss. Chaque révision a répondu à un besoin de précision que l'étalon précédent ne pouvait plus offrir.

De la fraction du jour à l'année tropique

En 1832, Carl Friedrich Gauss propose un système d'unités fondé sur le millimètre, le milligramme et la seconde, cette dernière définie comme 1/86 400 du jour solaire moyen. La définition tient un siècle. Elle cède quand les astronomes constatent que la durée du jour varie, empêchant toute mesure stable.

En 1956, le Comité international des poids et mesures ancre la seconde dans l'année tropique 1900, soit 1/31 556 925,9747 de cette année précise. L'étalon devient astronomique et fixe, mais impossible à reproduire dans un laboratoire ordinaire : il faut des décennies d'observation du ciel.

Le passage à l'atome en 1967

La 13e CGPM d'octobre 1967 tranche pour le césium 133. La seconde quitte le ciel pour la matière. Un laboratoire équipé d'une horloge atomique peut désormais réaliser l'étalon en quelques heures, avec une reproductibilité qu'aucune observation astronomique n'atteindra jamais. La précision bondit de 10⁻⁸ à mieux que 10⁻¹².

Résonateur d'horloge atomique au césium, étalon de fréquence CRL-Cs1 utilisé de 1975 à 1993, musée de Tokyo
Résonateur à césium CRL-Cs1, en service de 1975 à 1993. © Wikimedia Commons

Un raffinement de 1997 précise que l'atome doit être considéré au repos et à la température de 0 kelvin, pour écarter tout décalage dû à l'agitation thermique. Ce détail, invisible au grand public, a permis de gagner un ordre de grandeur sur l'exactitude.

Comment fonctionne une horloge atomique au césium

Le cycle de la résonance
01
Le four
Le césium chauffé à 100 °C libère un faisceau d'atomes.
02
La cavité
Un signal micro-ondes irradie les atomes en vol.
03
Le basculement
À 9,192 GHz pile, les atomes changent d'état.
04
L'asservissement
Un détecteur verrouille l'oscillateur sur la bonne fréquence.
9,192 GHz la fréquence de résonance qui définit le battement de la seconde

L'horloge à césium ne compte pas le temps, elle asservit un oscillateur sur une fréquence de référence atomique. Le principe repose sur la résonance micro-ondes.

Du four à la cavité de Ramsey

Un four chauffe le césium métallique à environ 100 °C. Il libère un faisceau d'atomes qui traverse une cavité, dite de Ramsey, où un signal hyperfréquence les irradie. Quand ce signal coïncide exactement avec 9,192 GHz, les atomes basculent vers l'état excité. Un détecteur compte ces basculements et corrige en permanence le quartz oscillateur pour le verrouiller sur la fréquence parfaite.

Horloge atomique à fontaine de césium NIST-F2, étalon primaire de temps des États-Unis à Boulder
La fontaine atomique NIST-F2, étalon primaire américain. © Wikimedia Commons
La fontaine atomique

Le résultat est une régularité extrême. Le NIST-F1 affichait dès 1999 une incertitude de 1,7 × 10⁻¹⁵, une dérive d'une seconde sur environ 20 millions d'années. Les fontaines refroidissent les atomes par laser pour ralentir leur passage et affiner encore la mesure.

Pourquoi le césium plutôt qu'un autre atome

Le choix du césium 133 tient à trois qualités rares réunies. L'isotope est monoisotopique stable : tout césium naturel est du césium 133, sans contamination par d'autres masses. Son point de fusion bas, 28,5 °C, facilite la production d'un faisceau atomique propre. Sa fréquence de transition, dans les micro-ondes, restait accessible aux générateurs des années 1950.

Un autre métal alcalin aurait pu servir, mais aucun ne cumulait ces avantages. Le rubidium, plus léger, sert aujourd'hui dans les horloges embarquées bon marché, moins stables mais plus compactes.

La course aux horloges optiques et la future seconde

Micro-ondes contre lumière
Césium, depuis 1967
9,19 GHz
fréquence micro-ondes
Exactitude proche de 10⁻¹⁶
Étalon actuel de la seconde
1 s de dérive sur 20 M d'années
Strontium optique, l'avenir
429 THz
fréquence optique, 100 000 × plus rapide
Stabilité jusqu'à 10⁻¹⁹
Candidat pour 2030
1 s sur plus que l'âge de l'univers
Plus la fréquence est élevée, plus la mesure se découpe finement. La 28e CGPM de 2026 doit choisir l'atome ; l'adoption est attendue en 2030.

Le règne du césium touche à sa fin. Depuis 2018, une nouvelle génération d'horloges dépasse le césium d'un facteur cent en exactitude, ouvrant la voie à une redéfinition programmée de la seconde.

Strontium et ytterbium, cent mille fois plus rapides

Les horloges optiques exploitent des transitions dans le domaine de la lumière visible, non plus des micro-ondes. Le strontium bat à 429 228 004 229 873,2 Hz, environ cent mille fois plus vite que le césium. Plus la fréquence est élevée, plus la mesure se découpe finement. Le JILA, à Boulder, a atteint une stabilité de 2,5 × 10⁻¹⁹, soit une dérive d'une seconde sur bien plus que l'âge de l'univers.

L'horloge à réseau optique

Des atomes de strontium ou d'ytterbium sont refroidis près du zéro absolu et piégés dans un réseau de faisceaux laser croisés. Leur transition optique ultra-fine sert de battement, à des centaines de milliers de milliards par seconde.

Horloge atomique à réseau optique d'ytterbium du NIST, avec ses faisceaux laser de piégeage des atomes
Horloge à réseau optique d'ytterbium, NIST. © Wikimedia Commons

La bascule est désormais planifiée. D'après le Bureau international des poids et mesures, feuille de route de la Résolution 5 de la 27e CGPM, la 28e Conférence de 2026 doit choisir l'espèce atomique privilégiée, pour une adoption de la nouvelle définition attendue à la 29e CGPM de 2030.

Une valeur identique, un étalon nouveau

La redéfinition ne changera pas la durée d'une seconde. Une seconde optique durera exactement autant qu'une seconde césium : c'est l'étalon qui change, pas la grandeur. Le scénario reproduit celui du mètre, redéfini en 1983 par la vitesse de la lumière sans que sa longueur bouge d'un cheveu.

Le principal frein n'est pas la précision, déjà acquise, mais la comparaison des horloges à distance. Relier deux horloges optiques d'un continent à l'autre exige des liaisons par fibre d'une stabilité inédite, encore en déploiement. C'est ce chantier d'infrastructure, plus que la physique, qui fixe l'échéance à 2030.

La seconde intercalaire et la Terre qui accélère

Quand le temps civil suit la Terre
27secondes ajoutées depuis 1972
Toutes positives, la dernière le 31 décembre 2016. Chacune affiche l'horodatage impossible 23:59:60, qui fait régulièrement planter les systèmes informatiques. Le mécanisme sera abandonné au plus tard en 2035.
2020
la Terre se met à tourner plus vite
-1,66 ms
jour record du 5 juillet 2024, le plus court mesuré
2029
une seconde négative deviendrait possible

Le temps atomique est parfait, la rotation terrestre non. Pour garder les deux alignés, on ajustait l'heure officielle à coups de secondes intercalaires. Ce mécanisme vit ses dernières années, et un événement inédit pourrait survenir avant sa disparition.

Vingt-sept secondes ajoutées, bientôt zéro

Depuis 1972, l'UTC, le temps universel coordonné, reçoit des secondes intercalaires pour ne pas dériver de la rotation réelle de la Terre. Vingt-sept secondes ont été insérées, toutes positives, la dernière le 31 décembre 2016. Chacune fait afficher l'horodatage impossible 23:59:60, qui plante régulièrement les systèmes informatiques.

La 27e CGPM de novembre 2022 a voté la fin de ce mécanisme au plus tard en 2035, sous la pression des géants du numérique. Après cette date, l'UTC dérivera lentement du temps solaire, d'environ une seconde par siècle, laissant aux générations futures le soin d'un éventuel réajustement.

La Terre photographiée depuis Apollo 17, dont la vitesse de rotation détermine la durée réelle du jour
La Terre vue d'Apollo 17. © Wikimedia Commons
La planète qui accélère

Depuis 2020, la Terre tourne plus vite, pas plus lentement. Le 5 juillet 2024, elle a bouclé sa rotation 1,66 milliseconde en avance, le jour le plus court jamais mesuré depuis l'invention de l'horloge atomique.

Vers une première historique, la seconde négative

Un retournement inattendu bouscule ce calendrier. Depuis 2020, la Terre tourne plus vite, pas plus lentement. Le 5 juillet 2024, elle a bouclé sa rotation 1,66 milliseconde en avance, le jour le plus court jamais mesuré depuis l'invention de l'horloge atomique.

Si la tendance se maintient, il faudrait pour la première fois retrancher une seconde à l'UTC, une seconde intercalaire négative jamais réalisée. Le géophysicien Duncan Agnew a estimé dans une étude publiée par Nature qu'elle pourrait s'imposer vers 2029, juste avant l'abandon prévu du dispositif. Les données récentes restent incertaines : la Terre semble avoir légèrement ralenti depuis, sans effacer la possibilité.

Ce fait et des centaines d'autres à retenir durablement.

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La seconde dans la technologie et la vie quotidienne

Une infrastructure invisible
300 ml'erreur pour 1 µs de dérive GPS
Chaque satellite embarque une horloge synchronisée à la nanoseconde. Une microseconde d'écart déplace la position au sol de 300 mètres. La précision de la seconde atomique conditionne la navigation mondiale.
InternetLe protocole NTP aligne les serveurs sur l'UTC maintenu par le BIPM.
FinanceMiFID II impose l'horodatage à la microseconde des transactions à haute fréquence.

La précision de la seconde atomique n'intéresse pas que les laboratoires. Elle conditionne des systèmes que des milliards de personnes utilisent chaque jour sans le savoir.

GPS, internet et transactions financières

Le GPS doit sa précision métrique à la seconde atomique. Chaque satellite embarque une horloge synchronisée à la nanoseconde. Une dérive d'une seule microseconde décalerait la position au sol de 300 mètres. Internet repose sur le protocole NTP, qui aligne les serveurs sur l'UTC maintenu par le BIPM grâce à un réseau de plusieurs centaines d'horloges réparties dans des dizaines de laboratoires.

Le temps en orbite

Les marchés financiers imposent une traçabilité temporelle réglementaire. En Europe, MiFID II exige que les transactions à haute fréquence soient horodatées à la microseconde, calées sur l'UTC. La seconde n'est pas qu'une unité de science, c'est une infrastructure économique.

Vue d'artiste d'un satellite GPS Block III en orbite, embarquant une horloge atomique synchronisée à la nanoseconde
Satellite GPS Block III, vue d'artiste Lockheed Martin. © Wikimedia Commons

La seconde dans la culture

La vitesse de la lumière, 299 792 458 mètres par seconde, est aujourd'hui une définition circulaire : elle dépend de la seconde, qui dépend du césium. Cette dépendance interne du SI fait sa robustesse. Tant que les lois physiques tiennent, les unités tiennent. Le cinéma s'est emparé de cet imaginaire du temps mesuré et manipulé, du décompte au dixième de seconde des épreuves olympiques aux jeux d'inversion temporelle de Tenet, sorti en 2020.

Astuce de mémorisation

Associer la seconde au geste le plus banal : un pas de marche tranquille. Un adulte qui marche pose un pied environ une fois par seconde. Pour l'étalon, retenir "César compte" : Césium, dont la sonorité rappelle le chiffre clé. Le nombre 9 192 631 770 se résume à "9 milliards et des poussières", ordre de grandeur suffisant en quiz. Pas humain, une seconde. César, le césium. Deux ancres, aucun calcul.

Un fait qui bouscule l'intuition

La seconde n'a pas toujours pesé le même poids dans une journée. Pendant près d'un milliard d'années, au mi-Protérozoïque, un jour terrestre a stagné autour de dix-neuf heures, selon une étude parue dans Nature Geoscience en 2023. Les marées solaires de l'atmosphère, qui accélèrent la Terre, équilibraient alors les marées océaniques de la Lune, qui la freinent. La seconde d'aujourd'hui fige un instant tardif de cette histoire, pas une constante éternelle.

Une unité fixe, un étalon qui n'a jamais cessé de changer

La seconde résume à elle seule la trajectoire de la métrologie : une durée immuable, réalisée par des étalons de plus en plus précis. Du jour solaire de Gauss à l'atome de césium, puis bientôt à la lumière du strontium, la valeur n'a pas bougé d'un cheveu, seule sa réalisation a gagné en finesse.

Le prochain chapitre s'écrit maintenant. La 28e CGPM de 2026 prépare le passage à la seconde optique, tandis que la Terre, en accélérant, menace d'imposer une correction jamais vue. Comprendre la seconde, c'est saisir comment une civilisation entière synchronise son temps sur un battement atomique invisible.

Questions fréquentes sur la seconde et le temps SI

Pourquoi la seconde est-elle l'unité de base du temps ?

Le choix remonte à 1832, quand Gauss bâtit un système d'unités sur le mètre, le kilogramme et la seconde. Elle fut retenue parce qu'elle correspondait à une fraction commode du jour, le 86 400e, mesurable avec les pendules de l'époque. Le SI a hérité de ce choix en 1960, puis a remplacé l'étalon astronomique par l'atome sans jamais changer d'unité.

Quelle différence entre temps et durée ?

Le temps est une grandeur physique abstraite, mesurable, notée t. La durée est l'intervalle mesuré entre deux instants. La seconde mesure la durée : un événement dure cinq secondes. Dire "cinq secondes de temps" est un pléonasme. En métrologie, on précise l'instant et la durée, deux notions distinctes qu'une même unité, la seconde, permet de chiffrer.

Comment fonctionne une horloge atomique au césium ?

Un four chauffe le césium 133 à environ 100 °C, libérant un faisceau d'atomes. Ces atomes traversent une cavité où un oscillateur micro-ondes les irradie à 9,192 GHz. Quand la fréquence est juste, ils basculent vers un état excité. Un détecteur compte ces basculements et corrige l'oscillateur en continu, le verrouillant sur la fréquence exacte qui définit la seconde.

Pourquoi le césium 133 et pas un autre élément ?

Le césium 133 est le seul isotope naturel du césium, ce qui écarte toute contamination isotopique. Sa transition hyperfine, dans les micro-ondes, était techniquement atteignable dès les années 1950. Son point de fusion bas, 28,5 °C, facilite un faisceau atomique propre, là où des éléments réfractaires imposeraient des températures ingérables. Trois atouts qu'aucun rival ne réunissait alors.

Existe-t-il des unités de temps plus précises que la seconde ?

Pas dans le SI : la seconde reste l'unité de base, toutes les autres en dérivent. La milliseconde, la microseconde, la nanoseconde et l'attoseconde ne sont que des sous-multiples décimaux. Une attoseconde vaut 10⁻¹⁸ seconde, l'échelle à laquelle on observe aujourd'hui le mouvement des électrons, un domaine récompensé par le prix Nobel de physique 2023.

Qu'est-ce qu'une seconde intercalaire ?

C'est une seconde ajoutée à l'UTC pour le maintenir aligné sur la rotation terrestre, qui ralentit lentement. Depuis 1972, vingt-sept ont été insérées, toutes positives, la dernière fin 2016. La 27e CGPM a décidé en 2022 d'abandonner ce mécanisme au plus tard en 2035, jugé trop dangereux pour les systèmes informatiques, qui interprètent mal l'horodatage 23:59:60.

La seconde va-t-elle être redéfinie un jour ?

Oui, et le calendrier est fixé. Le BIPM prépare une redéfinition fondée sur une transition optique du strontium ou de l'ytterbium, cent mille fois plus rapide que le césium. La 28e CGPM de 2026 doit choisir l'atome, pour une adoption attendue en 2030. La durée d'une seconde ne changera pas : seul l'étalon deviendra plus fin, comme pour le mètre en 1983.

Combien de secondes dans une journée ?

Une journée standard compte exactement 86 400 secondes, soit 24 × 60 × 60. Cette valeur est fixe dans le SI. Le jour solaire réel, lui, varie autour de cette moyenne de quelques millisecondes selon la rotation terrestre. C'est cet écart minuscule, accumulé, qui justifiait l'ajout de secondes intercalaires pour ne pas laisser diverger l'heure officielle et le ciel.

Qui décide de la définition de la seconde ?

La Conférence générale des poids et mesures, la CGPM, organe suprême du BIPM. Elle réunit tous les quatre ans à Sèvres les États signataires de la Convention du Mètre de 1875. La définition actuelle date de la 26e CGPM de 2018, effective au 20 mai 2019. La prochaine, la 28e, se tient en 2026 et prépare le passage à la seconde optique.
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Sources

Alan Chevereau, consultant SEO. Fiches de culture générale sourcées sur les publications institutionnelles, construites pour comprendre, vérifier et retenir un fait mieux qu'une encyclopédie généraliste.