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Mémoriser la culture générale

Qui a peint « La Jeune Fille à la perle » ?

Âge d'or hollandais · vers 1665

Johannes Vermeer a peint La Jeune Fille à la perle, une tronie au turban d'outremer conservée au Mauritshuis de La Haye.

Une étude de visage sans modèle nommé, oubliée deux siècles, rachetée pour 2,30 florins en 1881, devenue la Joconde du Nord.

1632-1675

Vie de Vermeer, à Delft

≈ 35

Œuvres attribuées

44,5 × 39

Centimètres, huile sur toile

1881

Exposée au Mauritshuis

Johannes Vermeer, peintre néerlandais né à Delft en 1632 et mort en 1675, a peint La Jeune Fille à la perle vers 1665. Cette huile sur toile de l'âge d'or hollandais est exposée au Mauritshuis de La Haye depuis 1881. Surnommée la Joconde du Nord, elle est aujourd'hui une icône mondiale.

L'œuvre n'est pas un portrait. C'est une tronie, une étude d'expression et de costume propre à la peinture hollandaise du XVIIe siècle, sans modèle identifié. Vermeer n'a pas fixé une identité, il a fixé un regard qui se retourne, turban d'outremer et perle suspendue à l'oreille.

Le tableau a failli disparaître de l'histoire. Passé dans la vente Dissius de 1696, oublié deux siècles, il est racheté 2,30 florins à La Haye en 1881, l'équivalent d'environ 30 euros actuels. Depuis, une campagne scientifique menée entre 2018 et 2020 a montré qu'il cachait bien davantage que sa surface noire, à commencer par un rideau vert aujourd'hui évaporé.

Pour situer la Joconde du Nord face à son aînée, voir la fiche qui a peint La Joconde.

Vermeer, l'auteur au catalogue le plus rare de l'âge d'or

Le peintre de Delft

Une carrière brève, endettée, éteinte à 43 ans par la guerre franco-hollandaise. Vermeer peint peu et vit surtout du commerce de tableaux.

15

enfants, dont 11 survivants

1653

mariage, conversion au catholicisme

1676

faillite de sa veuve

Vue de Delft de Johannes Vermeer, panorama de sa ville natale sous une lumière changeante, vers 1660
La Vue de Delft, ville natale de Vermeer. Wikimedia Commons

Une vie brève et endettée à Delft

Vermeer naît à Delft en octobre 1632, fils d'un aubergiste et marchand de tableaux. Il épouse Catharina Bolnes en 1653 et se convertit au catholicisme, choix marquant dans une République des Provinces-Unies majoritairement protestante. Le couple aura quinze enfants, dont onze survivront.

Il peint lentement, très peu, et vit surtout du commerce de tableaux. Il devient doyen de la guilde de Saint-Luc de Delft, la corporation des peintres, à plusieurs reprises. La guerre franco-hollandaise déclenchée en 1672 effondre le marché de l'art. Vermeer meurt à 43 ans en décembre 1675, criblé de dettes. Sa veuve dépose le bilan dès 1676 et cède des toiles pour rembourser le boulanger.

Environ 35 tableaux, un chiffre qui fait débat

Le catalogue de Vermeer compte parmi les plus réduits de tous les grands maîtres. Le consensus retient environ 35 œuvres attribuées avec certitude. La grande rétrospective d'Amsterdam en 2023 a poussé le compte à 37 toiles, dont deux d'attribution encore discutée, Sainte Praxède et une Jeune Femme assise à l'épinette. Certains historiens parlent de 38 canevas survivants. Rembrandt, à titre de comparaison, laisse plus de 300 peintures.

Cette rareté tient à la méthode. Vermeer construit ses toiles par couches successives, lentement, avec des pigments coûteux. Le peu qu'il a produit s'est dispersé dès la ruine de sa veuve, ce qui a longtemps effacé son nom des dictionnaires.

Une tronie, pas un portrait

Trois marqueurs de tronie

Costume

Turban oriental, tissu jaune, vêtement exotique sans usage réel

Décor

Aucun. Fond neutre, ni scène ni objet narratif

Visage

Aucun grain de beauté, cicatrice ou tache, donc aucun signe d'un individu précis

La Femme à la balance de Vermeer, silhouette de trois quarts dans une lumière tamisée, autre composition intime du peintre
La Femme à la balance, autre étude vermeerienne de lumière intérieure. Wikimedia Commons

Ce que le mot tronie change à la lecture du tableau

Une tronie n'a pas de commanditaire ni de nom à honorer. Le genre vise un type, une expression, un costume exotique. La Jeune Fille à la perle en coche chaque case : turban oriental, absence totale de décor, aucune scène narrative. Le fond noir isole le visage et supprime tout contexte.

Le Mauritshuis tranche sans ambiguïté. Un modèle a probablement posé, mais le résultat reste une étude, pas un portrait. Les analyses récentes confirment ce statut : le visage ne porte ni grain de beauté, ni cicatrice, ni tache de rousseur, aucun des signes individuels qu'un vrai portrait aurait fixés.

Une pose empruntée au Titien

La composition reprend une formule vénitienne. Le buste tourné de trois quarts dos, le visage ramené de trois quarts face, vient du Titien. Vermeer l'avait déjà employée cinq ans plus tôt dans La Jeune Fille au verre de vin. Cette torsion crée la tension du tableau, l'instant précis où la jeune femme se retourne vers celui qui la regarde.

Le rideau vert que Vermeer avait peint derrière elle

La Jeune Fille à la perle de Vermeer sur son fond sombre actuel, autrefois un rideau vert aujourd'hui dégradé en noir
Le fond noir que l'on voit aujourd'hui n'a jamais été un vide : Vermeer y avait peint un rideau vert. Wikimedia Commons

Ce que la campagne 2018-2020 a révélé sous la surface

01

Un rideau vert

Lignes diagonales et variations de couleur en haut à droite, un tissu plié

02

Dégradé en noir

La peinture verte translucide s'est altérée chimiquement au fil des siècles

03

Une pose corrigée

Oreille, sommet du foulard et nuque déplacés en cours d'exécution

04

Sous-couche brune

Contours tracés au pinceau fin, poils du pinceau restés dans la matière

Un fond qui n'a jamais été un vide noir

La découverte la plus surprenante du projet Girl in the Spotlight tient au fond. Ce que tout le monde prend pour un noir plat était à l'origine un rideau vert. L'imagerie scientifique a fait apparaître des lignes diagonales et des variations de couleur en haut à droite, la trace d'un tissu plié.

Ce rideau a disparu au fil des siècles. La peinture verte translucide, instable, a subi des altérations physiques et chimiques qui l'ont assombrie jusqu'au noir actuel. Le tableau que l'on admire n'est donc pas exactement celui que Vermeer a posé sur son chevalet vers 1665.

Un plan de composition retouché en cours de route

Les scans ont aussi révélé les hésitations du peintre. Vermeer a déplacé la position de l'oreille, le sommet du foulard et l'arrière de la nuque pendant l'exécution. Il a commencé la toile dans des bruns et des noirs, traçant les contours au pinceau fin, puis a monté les couleurs couche après couche. Des poils de son propre pinceau sont restés pris dans la matière.

La perle qui n'est pas une perle

Deux touches de blanc, aucun crochet

Analyse des reflets de la perle peinte Sphère avec un éclat vif en haut à gauche et le reflet du col blanc en bas, deux reflets incompatibles avec une vraie perle éclat vif reflet du col

Un éclat trop lumineux

La nacre d'une vraie perle diffuse une lumière mate. Ici, un point vif tranche en haut à gauche.

Un second reflet

En bas, la sphère renvoie le col blanc, ce qu'une perle de calcite ne fait pas.

Aucune attache peinte

Ni crochet, ni fil : Vermeer suggère le bijou plutôt qu'il ne le décrit.

Hypothèse de Vincent Icke, université de Leyde : une boule de verre vernissée ou d'étain poli, pas une perle. Aucune perle naturelle de cette taille n'existait au XVIIe siècle.

Deux touches de blanc, aucun crochet

Le bijou est le plus grand tour de force du tableau. Vermeer peint la perle en deux touches seulement, l'une translucide, l'autre opaque, sans même tracer le crochet censé la suspendre à l'oreille. L'objet n'est pas rendu, il est suggéré. La microphotographie 3D du Mauritshuis, à un grossissement de 140 fois, montre une matière étonnamment sommaire pour un effet aussi convaincant.

Trop lumineuse pour de la nacre

Vincent Icke, professeur d'astronomie théorique à l'université de Leyde, va plus loin. Aucune perle naturelle de cette taille n'existait au XVIIe siècle. La nacre d'une vraie perle produit un éclat mat et diffus. Or la sphère peinte renvoie un point lumineux vif en haut à gauche et le reflet du col blanc en bas, deux reflets qu'une perle authentique ne produirait pas. L'hypothèse retenue : une boule de verre vernissée ou une sphère d'étain poli. La perle la plus célèbre de l'art n'en est probablement pas une.

La couleur, plus chère que l'or

Le budget pigment d'une seule toile

Le turban tire son bleu de l'outremer naturel, broyé à partir du lapis-lazuli. Au XVIIe siècle, ce pigment coûtait plus cher que l'or, et Vermeer en use sans compter.

Répartition indicative des pigments du tableau, l'outremer domine le foulard et la veste

Afghanistan

Le lapis-lazuli, source de l'outremer, peut-être chauffé avant broyage pour un bleu plus intense

Mexique, Amérique centrale

Matières colorantes entrées dans la palette, cartographiée pour la première fois en 2020

Angleterre

Autres composants de la palette identifiés par l'analyse des couches

Asie ou Antilles

Origines possibles d'une part des matières premières employées

L'outremer d'Afghanistan à profusion

Le turban tire son bleu d'un pigment de luxe, l'outremer naturel, broyé à partir du lapis-lazuli extrait de l'actuel Afghanistan. Au XVIIe siècle, ce pigment coûtait plus cher que l'or. Vermeer en use avec une générosité rare pour un peintre de Delft, dans le foulard comme dans la veste.

La campagne 2018-2020 a mis au jour un détail de fabrication : la pierre aurait d'abord été chauffée à haute température, ce qui facilitait le broyage et intensifiait le bleu. Le jaune du tissu qui pend dans le dos vient d'un jaune de plomb-étain. Le contraste bleu froid, jaune chaud structure toute la lumière du tableau.

Une palette venue du monde entier

L'analyse a cartographié pour la première fois la totalité des couleurs employées. Les matières premières provenaient de régions correspondant aujourd'hui au Mexique et à l'Amérique centrale, à l'Angleterre, peut-être à l'Asie ou aux Antilles. Un tableau de 44,5 sur 39 centimètres concentrait déjà, en 1665, un commerce de pigments à l'échelle planétaire.

Deux siècles d'oubli, un réveil au XIXe siècle

Façade du musée Mauritshuis à La Haye, hôtel particulier classique du XVIIe siècle qui abrite le tableau depuis 1881
Le Mauritshuis de La Haye, entré en possession du tableau par legs en 1902. Wikimedia Commons · P. De Praetere · CC BY 2.5

Le prix d'entrée dans l'histoire

2,30 florins

Le rachat de 1881, le prix d'un pain à l'époque

Vente Dissius1696, ~36 florins
Rachat des Tombe1881, à La Haye
Legs au Mauritshuis1903 (mort 1902)
Réhabilitation Thoré-Bürgerdès 1866

Le rôle décisif de Thoré-Bürger

Vermeer connaît un succès local modeste de son vivant, aucune renommée hors de Delft. Après 1676, ses toiles se dispersent et son nom s'efface des dictionnaires pendant tout le XVIIIe siècle. Le critique d'art français Théophile Thoré-Bürger le réhabilite au XIXe siècle, ébloui par la Vue de Delft vue au Mauritshuis en 1842, puis par une série d'articles publiés en 1866. Il forge aussi le surnom de Joconde du Nord.

Rachetée pour le prix d'un déjeuner

En 1881, la toile passe en vente à La Haye et part pour 2,30 florins, une misère pour ce qui deviendra un chef-d'œuvre invendable. Le collectionneur Arnoldus Andries des Tombe l'emporte après s'être entendu avec son voisin Victor de Stuers pour ne pas surenchérir. Il la prête aussitôt au Mauritshuis, où elle est exposée depuis. À sa mort fin 1902, un testament secret la lègue au musée avec onze autres tableaux, legs rendu effectif en 1903.

De l'oubli à l'icône planétaire

La bascule vers la culture de masse

1995

Le Mauritshuis officialise le titre actuel, en lieu et place de La Jeune Fille au turban

1999

Le roman de Tracy Chevalier invente la servante Griet, fiction sans fondement

2003

Le film de Peter Webber, plus de 31 M$ au box-office mondial

2023

Rétrospective record au Rijksmuseum, 650 000 visiteurs, 28 des 37 toiles

La Laitière de Vermeer versant du lait, autre œuvre iconique du peintre conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam
La Laitière, l'autre grande icône vermeerienne, au cœur de la rétrospective 2023. Wikimedia Commons

Un roman, un film, une image mondiale

Le tableau a longtemps porté le titre de La Jeune Fille au turban. Le Mauritshuis officialise la dénomination actuelle en 1995. Le roman de l'Américaine Tracy Chevalier, publié en 1999 et traduit en français en 2000, imagine une servante nommée Griet, une fiction sans fondement historique. L'adaptation de Peter Webber en 2003, avec Scarlett Johansson et Colin Firth, dépasse 31 millions de dollars au box-office mondial et fixe l'image dans la culture populaire. Banksy détourne le motif en 2014 sur un mur de Bristol, l'alarme antivol tenant lieu de boucle d'oreille.

Le record de 2023 au Rijksmuseum

En 2023, le Rijksmuseum d'Amsterdam réunit 28 des 37 tableaux de Vermeer, la plus grande rétrospective jamais consacrée au peintre. L'exposition attire 650 000 visiteurs de plus de 110 pays en seize semaines et devient la plus fréquentée de l'histoire du musée. La Frick Collection de New York prête pour l'occasion ses trois Vermeer, sortis pour la première fois de leur salle new-yorkaise. La Jeune Fille à la perle y figurait, avant de retrouver sa vitrine de La Haye.

Ce fait et des centaines d'autres à retenir durablement sur l'app Mémoriser la culture générale.

Astuce de mémorisation

La mer dans le nom, la perle à l'oreille

À retenir 48 heures et plus

Le nom Vermeer contient « mer ». La perle vient de la mer, et son éclat nacré scintille comme l'écume. Vermeer, c'est le peintre dont le nom porte la mer et qui a peint la perle la plus énigmatique de l'histoire de l'art. Verrou mental : la mer dans le nom, la perle à l'oreille.

Un diagnostic médical posé en 2025

Fait notableJuillet 2025, université de Vérone

Trois dermatologues avancent que la jeune femme souffrirait d'alopécie areata, appuyés sur ses cils et sourcils quasi absents.

Le signe

Une madarose, perte des cils et des sourcils, révélée clairsemée par la fluorescence X

L'indice du turban

Coiffe inhabituelle pour l'époque, peut-être portée pour masquer une perte de cheveux

La limite

Lecture spéculative, mais preuve que ce visage sans traits appelle encore des interprétations

La Jeune Fille intrigue jusqu'aux dermatologues. En juillet 2025, trois médecins de l'université de Vérone publient dans une revue de dermatologie une hypothèse inédite : la jeune femme souffrirait d'alopécie areata. L'argument s'appuie sur les cils et sourcils quasi absents, révélés clairsemés par la fluorescence X, un état nommé madarose. Le turban lui-même, inhabituel pour l'époque, aurait pu masquer une perte de cheveux plutôt qu'évoquer l'exotisme. Une lecture qui reste spéculative, mais qui montre à quel point ce visage sans traits distinctifs continue d'appeler des interprétations nouvelles.

La Joconde du Nord tient dans une phrase, mais se retient dans une image

Une tronie de Vermeer, un rideau vert disparu, une perle qui n'en est pas une. Assez de repères pour ne plus jamais confondre une étude de visage et un portrait.

15 min par jour sur l'app Mémoriser la culture générale

Questions fréquentes sur La Jeune Fille à la perle

Pourquoi le surnom de Joconde du Nord ?

Il vient du critique français Théophile Thoré-Bürger, qui redécouvre Vermeer au XIXe siècle. Comme La Joconde, la toile montre une jeune femme dont le regard suit le spectateur, dans une composition dépouillée sans décor narratif. Les deux œuvres partagent un mystère d'identité et un statut d'icône. La Jeune Fille rivalise désormais avec le tableau de Léonard sur les produits dérivés et la fréquentation muséale.

Qui est la jeune fille du tableau ?

Aucune identité n'est établie. Les hypothèses avancent Maria Vermeer, fille aînée du peintre âgée de 12 à 13 ans vers 1665, ou Magdalena van Ruijven, fille du principal mécène. La servante du roman de Tracy Chevalier est une pure invention. Pour les historiens, la question reste secondaire : une tronie ne représente pas une personne précise mais un type, ce qui rend l'identification presque hors sujet.

Vermeer a-t-il peint des cils à la jeune fille ?

Oui, et c'est une surprise. À l'œil nu, elle paraît dépourvue de cils. La fluorescence X du projet Girl in the Spotlight a pourtant révélé de fins cils bruns autour des deux yeux, peints puis fondus dans le fond assombri. Cette découverte rend le visage plus humain qu'on ne le croyait et alimente les lectures récentes, y compris médicales, sur son apparence.

Combien de tableaux Vermeer a-t-il peints ?

Le consensus retient environ 35 œuvres attribuées avec certitude, l'un des catalogues les plus restreints parmi les grands maîtres. La rétrospective de 2023 a rassemblé 28 toiles et le décompte total oscille entre 35 et 38 selon les attributions débattues. La lenteur de sa technique, ses onze enfants survivants et son activité de marchand expliquent cette production réduite.

Quelles sont les autres œuvres célèbres de Vermeer ?

La Laitière, au Rijksmuseum d'Amsterdam, rivalise en notoriété. La Vue de Delft, au Mauritshuis, saisit la ville natale dans une lumière rare. La Dentellière, au Louvre, fascinait Salvador Dalí. La Femme à la balance, à la National Gallery of Art de Washington, résume sa maîtrise de la lumière intérieure. Comme Léonard, Vermeer tient sa gloire d'un très petit nombre de chefs-d'œuvre.

Le tableau a-t-il été restauré ?

Oui, en 1994, sous les yeux du public au Mauritshuis. Le vernis jauni a été retiré, rendant leur éclat aux couleurs. La restauration a fait apparaître un double point rose sous la lèvre, signe d'humidité, et supprimé une retouche blanche tardive posée sur la perle après Vermeer. La campagne Girl in the Spotlight de 2018 a poursuivi l'étude sans toucher à la matière, par imagerie seule.

Pourquoi la perle est-elle jugée fausse ?

Parce que ses reflets trahissent le verre ou le métal, pas la nacre. Le professeur Vincent Icke, à l'université de Leyde, note qu'aucune perle naturelle de cette taille n'existait au XVIIe siècle et que l'éclat vif du bijou est trop lumineux pour de la calcite. Vermeer l'a peinte en deux touches, sans crochet d'attache. La perle est une illusion optique, une virtuosité de pinceau plus qu'un objet réel.

Où voir La Jeune Fille à la perle aujourd'hui ?

Dans la salle 15 du Mauritshuis, à La Haye, aux Pays-Bas. Le musée a fermé en 2012 pour rénovation et rouvert en 2014 avec une muséographie centrée sur Vermeer et Rembrandt. La toile y est rarement déplacée, le musée refusant presque tous les prêts longs. Comme La Joconde au Louvre, elle est un point d'ancrage touristique majeur.

Combien vaut le tableau ?

Il appartient aux collections publiques néerlandaises et n'est pas à vendre. Aucune estimation officielle n'existe, mais les spécialistes évoquent plusieurs centaines de millions d'euros, dans l'ordre des records atteints par les œuvres de Léonard de Vinci. Son caractère invendable et les refus de prêt du Mauritshuis renforcent encore sa valeur symbolique.

Pourquoi le tableau a-t-il été oublié deux siècles ?

Vermeer n'a connu qu'un succès local et sa veuve ruinée a dispersé ses toiles dès 1676. Son nom a quasiment disparu des ouvrages d'art au XVIIIe siècle. C'est Thoré-Bürger qui le réintroduit à partir de 1866, transformant un peintre effacé en figure centrale de l'âge d'or hollandais. La Jeune Fille passe alors du rebut aux enchères à l'icône universelle.

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